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PROJET SAP055 : les Ministres Georges ALE et Benjamen HOUNKPATIN lancent officiellement la riposte sanitaire aux changements climatiques

Face à l’intensification des effets du changement climatique sur la santé des populations, le Bénin franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d’adaptation. Sous le coparrainage des Ministres Georges ALE et Benjamen HOUNKPATIN, les acteurs du climat, de la santé publique, des collectivités territoriales, de la société civile et du développement se sont réunis, ce jeudi 3 septembre 2026 au Golden Tulip Hôtel de Cotonou, pour le lancement officiel du SAP055, un projet destiné à renforcer la résilience sanitaire des communautés vulnérables de la zone sanitaire Adjohoun-Bonou-Dangbo (ABD).

Derrière ce lancement se dessine une ambition qui dépasse la seule réalisation d’infrastructures ou la fourniture d’équipements. Il s’agit de mieux anticiper les risques sanitaires liés aux aléas climatiques, de renforcer la capacité des services de santé à y répondre et de donner aux communautés les moyens de mieux faire face aux crises. Le projet s’inscrit ainsi dans une approche proactive : passer d’une réponse essentiellement réactive aux événements climatiques à un système de santé davantage préparé, anticipatif et résilient.

De la vulnérabilité climatique à l’action sanitaire
Dans la zone ABD, les inondations, les fortes pluies et les épisodes de chaleur perturbent le fonctionnement des services essentiels et accentuent l’exposition des populations à plusieurs risques sanitaires. Les difficultés d’accès aux formations sanitaires pendant les périodes d’inondation constituent notamment un défi pour la continuité des soins.

C’est dans ce contexte que le SAP055 entend agir simultanément sur la prévention, l’anticipation et la réponse. Le projet cible notamment le paludisme, les infections respiratoires aiguës (IRA) et les maladies cardiovasculaires (MCV), en intégrant davantage les données climatiques aux dispositifs de surveillance sanitaire.

De Songdo à Cotonou, l’aboutissement d’un processus
Le lancement officiel du projet marque l’aboutissement de plusieurs mois de maturation, de mobilisation des ressources et de concertation entre les différentes parties prenantes.

En effet, une étape déterminante avait été franchie le 30 octobre 2025 à Songdo, Incheon, en République de Corée, avec la signature de l’accord de financement du SAP055 par Dr Appolinaire D. GNANVI, Directeur Général du FNEC, et Madame Catherine Koffman, Directrice régionale du Département Afrique du GCF. Cette signature a consacré l’engagement des deux institutions à renforcer durablement la résilience sanitaire des populations vulnérables face aux impacts du changement climatique.

Cette trajectoire illustre le travail de maturation nécessaire pour transformer une ambition climatique en projet financé et opérationnel : identification des vulnérabilités, formulation technique, mobilisation des partenaires, prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux, intégration de la dimension genre et validation du financement.

Un financement climatique d’environ 10 millions de dollars US
Financé à hauteur de 8,6 millions de dollars US par le GCF, sous forme de subvention, et soutenu par un cofinancement du Bénin de 450 000 dollars US, le SAP055 mobilise un financement global d’environ 10 000 000 de dollars US. Sa mise en œuvre est assurée par le Fonds national pour l’Environnement et le Climat (FNEC).

Au-delà des chiffres, cet engagement financier traduit également la capacité du Bénin à mobiliser la finance climatique internationale pour répondre à des enjeux directement liés au développement et à la protection des populations. A travers le FNEC, entité accréditée auprès du GCF, le pays dispose d’un instrument permettant de rapprocher les ressources climatiques internationales des priorités nationales et des besoins des territoires.

Une réponse multisectorielle à un défi transversal
Le SAP055 est également le fruit d’une forte collaboration interministérielle et multisectorielle. Sa conception et sa mise en œuvre mobilisent, les ministères en charge du Cadre de vie, de la Santé publique et de la décentralisation, à travers notamment le FNEC, la Direction Nationale de la Santé Publique et les mairies d’Adjohoun, de Bonou et de Dangbo. Il bénéficie également de l’implication du consortium GRAFED, des communautés locales, de l’hôpital de zone et des centres de santé de la zone sanitaire ABD.

Cette convergence d’expertises et d’engagements traduit une conviction forte : face aux risques sanitaires liés au changement climatique, la résilience ne peut être construite que grâce à la convergence des politiques publiques, de l’expertise technique et de l’engagement des communautés autour des actions concertées, territorialisées et durables.

Trois leviers pour transformer la résilience sanitaire
Cette expertise pluridisciplinaire a permis d’élaborer un projet qui s’appuie sur une architecture opérationnelle articulée autour de trois composantes complémentaires :

  • • Systèmes et infrastructures innovants : développement de systèmes intégrés de surveillance épidémiologique et environnementale pour anticiper les flambées de paludisme, des IRA et des MCV grâce à des alertes précoces et à une modernisation ciblée des infrastructures sanitaires ;
  • • Mesures d’adaptation communautaires : Cette composante propose un ensemble intégré de solutions concrètes visant à renforcer la résilience sanitaire des communautés. Elle inclut notamment l’autosuffisance des centres de santé grâce à l’énergie solaire et à des réserves d’eau, la dotation en équipements biomédicaux adaptés, ainsi que la surveillance et la prise en charge des maladies climato-sensibles. S’y ajoutent la réutilisation sécurisée des eaux stagnantes, l’installation de jardins botaniques composés de plantes médicinales locales pour soutenir la prévention et le traitement des maladies ciblées, ainsi que l’acquisition de barques motorisées afin d’assurer l’accès aux soins et le transport des patients en période d’inondation, garantissant ainsi la continuité des services dans les zones enclavées.
  • • Assistance technique et gestion des connaissances : renforcement des capacités, transfert de compétences, documentation des bonnes pratiques et diffusion des apprentissages pour assurer la durabilité du projet et inspirer des initiatives similaires au Bénin et en Afrique.

Investir dans la résilience, c’est investir dans l’avenir
A terme, les trois composantes du SAP055 devraient contribuer à renforcer la résilience sanitaire de 311 700 personnes, soit environ 2,2 % de la population béninoise. Parmi elle, 97 900 (0,69 %) personnes bénéficieront directement des interventions du projet, tandis que 213 800 (1,5 %), autres en seront des bénéficiaires indirects. Au-delà de son impact sanitaire et social, le projet devrait également générer un co-bénéfice d’atténuation estimé à 12 494 tonnes de CO₂ équivalent sur sa durée de mise en œuvre.

Cette ambition repose sur un investissement global d’environ 10 (dix) millions de dollars US. A travers cet engagement financier, le SAP055 traduit concrètement la volonté du pays de faire de l’adaptation au changement climatique un levier de protection des populations et de consolidation des services essentiels. Dans la zone sanitaire Adjohoun-Bonou-Dangbo (ABD), l’enjeu sera désormais de transformer ces ressources en actions tangibles, capables de réduire la vulnérabilité des communautés face aux risques climatiques et de renforcer durablement leur capacité à y faire face.

Avec le SAP055, le Bénin ne lance pas seulement un nouveau projet d’adaptation : il engage une expérience pionnière dans le renforcement de la résilience sanitaire face au changement climatique. Sa réussite repose désormais sur la responsabilité collective de l’ensemble des parties prenantes.

La réussite du SAP055 sera donc jugée non seulement à l’aune de ses réalisations dans la zone ABD, mais aussi de sa capacité à renforcer la confiance du Fonds Vert pour le Climat envers le Bénin. Une mise en œuvre rigoureuse, des résultats mesurables et une capitalisation efficace des acquis pourront faire de cette première expérience un véritable tremplin vers de nouveaux financements, de nouveaux partenariats et une coopération climatique renforcée avec le GCF. L’enjeu est désormais clair : réussir le SAP055 pour ouvrir plus largement la voie à la finance climatique au service des populations béninoises.