Dans un contexte mondial marqué par une compétition rude et croissante pour l’accès aux financements climatiques, le Bénin confirme son positionnement comme un acteur crédible, proactif et ambitieux de la transition écologique et de la résilience climatique.
C’est dans cette dynamique que le jeudi 03 septembre 2026, l’Hôtel Golden Tulip Le Diplomate de Cotonou a accueilli la cérémonie officielle de lancement du SAP055, projet novateur intitulé « Renforcement de la résilience sanitaire des communautés vulnérables au changement climatique dans la zone sanitaire ABD (Adjohoun, Bonou et Dangbo) ». Financé par le Fonds vert pour le climat (GCF) et mis en œuvre par le Fonds national pour l’Environnement et le Climat (FNEC), ce projet traduit concrètement la volonté du Gouvernement de placer la résilience des populations au cœur de l’action politique.
Cette cérémonie est l’épilogue d’un processus engagé plusieurs mois auparavant. En effet, le 30 octobre 2025, à Songdo, Incheon, en République de Corée, Dr Appolinaire D. GNANVI, Directeur Général du FNEC et Madame Catherine Koffman, Directrice régionale du Département Afrique du GCF, ont procédé à la signature de l’accord de financement du SAP055.
La phase protocolaire du lancement a été marquée, entre autres, par les interventions du Ministre de la Santé publique, du Ministre du Cadre de Vie et des Transports, chargé du Développement durable, du Maire de Cotonou et du Directeur général du FNEC. Si chacune de ces interventions a apporté un éclairage particulier sur les enjeux du projet, toutes ont convergé vers une même conviction : avec SAP055, le Gouvernement du Bénin franchit un nouveau cap en traduisant son leadership politique et ses engagements climatiques en actions concrètes, au bénéfice direct des populations et du renforcement de leur résilience.
En effet, ce projet trouve pleinement son ancrage dans les trois grandes priorités du projet de société porté par Son Excellence Monsieur Romuald WADAGNI, Président de la République, à savoir :
Investir dans la résilience, c’est investir dans l’avenir
Investir dans la résilience climatique n’est plus une option : c’est un choix stratégique de développement. Conscient de cet impératif, le Gouvernement a organisé, en juillet 2024, en collaboration avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), une table ronde internationale consacrée au financement climatique. Cette rencontre a souligné l’urgence d’innover dans les mécanismes de financement et de renforcer la mobilisation des partenaires afin de répondre à l’ampleur des besoins du pays.
Cette dynamique s’inscrit dans une ambition nationale particulièrement forte : mobiliser 150 milliards de dollars US au cours des sept prochaines années pour accélérer le financement des projets sensibles au climat et soutenir la construction d’une économie plus résiliente, durable et sobre en carbone.
A son échelle, le SAP055 apporte une contribution concrète à cette ambition nationale, avec un budget global de 9 050 000 USD, comprenant 8 ¬600 000 USD de subvention du GCF et 450 000 USD de cofinancement du Bénin. Il améliorera la résilience climatique de 311 700 personnes (2,2 % de la population béninoise), dont 97 900 bénéficiaires directs (0,69 %) et 213 800 bénéficiaires indirects (1,5 %), tout en générant un co-bénéfice d’atténuation estimé à 12 494 tCO2-éq sur sa durée de vie.
Arrimage des composantes du projet avec les trois priorités du gouvernement
La véritable force du SAP055 réside dans sa capacité à transformer les orientations politiques en solutions opérationnelles au profit des populations. Ainsi, à travers ses trois composantes, le projet établit un lien direct entre les priorités gouvernementales et les réalités vécues dans les territoires vulnérables
La première composante, dédiée aux systèmes et infrastructures innovants, traduit d’abord l’ambition de bâtir un système de santé plus performant, accessible et résilient. A ce titre, le déploiement de systèmes intégrés de surveillance épidémiologique et environnementale permettra d’anticiper les flambées de paludisme, d’infections respiratoires aiguës et de maladies cardiovasculaires grâce à des mécanismes d’alerte précoce. Parallèlement, la modernisation ciblée des infrastructures sanitaires renforcera la qualité et la continuité des soins dans les zones particulièrement exposées aux aléas climatiques. Le SAP055 transpose ainsi la vision gouvernementale d’un service public de santé plus moderne, plus préventif et plus résilient.
Dans le même élan, la deuxième composante, consacrée aux mesures d’adaptation communautaires, apporte des réponses tangibles aux défis liés à l’eau, à l’énergie, au cadre de vie et à l’accès aux soins. L’installation de systèmes solaires et la constitution de réserves d’eau permettront notamment aux centres de santé de renforcer leur autonomie et de maintenir leurs services essentiels, y compris en situation de crise. De même, la mise à disposition d’équipements biomédicaux adaptés améliorera la qualité de la prise en charge. Surtout, les barques motorisées permettront de préserver la continuité des soins pour les populations enclavées lors des épisodes d’inondation. Le SAP055 concrétise ainsi un principe fondamental de l’action publique : aucun territoire ne doit être laissé à l’écart de l’accès aux services essentiels en raison de sa vulnérabilité climatique.
Au-delà des infrastructures, cette composante valorise également l’ambition du gouvernement de promouvoir les savoirs endogènes au service de la santé. L’aménagement de jardins botaniques dédiés aux plantes médicinales locales contribuera à préserver et à valoriser la pharmacopée traditionnelle dans une approche intégrée de prévention et de prise en charge des maladies ciblées. Dans la même logique, la réutilisation sécurisée des eaux stagnantes contribuera à améliorer le cadre de vie, tout en réduisant certains risques sanitaires associés aux inondations. Le projet établit ainsi un lien concret entre adaptation climatique, innovation locale et amélioration durable des conditions de vie.
Enfin, la troisième composante, consacrée à l’assistance technique et à la gestion des connaissances, donne au projet sa dimension de durabilité et de transformation de l’action publique. Le renforcement des capacités, le transfert de compétences et la documentation des bonnes pratiques permettront non seulement de consolider les acquis du SAP055, mais également d’en assurer la pérennisation et la réplication. En outre, la capitalisation et la diffusion des données et des enseignements favoriseront une meilleure circulation de l’information et une prise de décision davantage fondée sur les connaissances. En générant un co-bénéfice d’atténuation estimé à 12 494 tCO₂-éq sur sa durée de vie, la duplication du SAP055 contribuera à renforcer la compétitivité du Bénin sur le marché du carbone et à consolider son positionnement dans les mécanismes de financement climatique.
Cette dernière dimension s’inscrit pleinement dans la dynamique de digitalisation et d’interconnexion des systèmes d’information. En intégrant les données climatiques, environnementales et sanitaires, le SAP055 crée les conditions d’une action publique plus intelligente et plus réactive. Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de collecter l’information, mais de la transformer en intelligence décisionnelle.
Au total, les trois composantes du SAP055 forment une véritable chaîne de résilience : anticiper grâce aux données, protéger grâce aux infrastructures et aux solutions d’adaptation, puis pérenniser les acquis grâce aux compétences et à la connaissance. C’est précisément cette articulation entre innovation, proximité, équité territoriale et transformation numérique qui permet au projet de traduire les ambitions gouvernementales en résultats concrets au bénéfice des populations les plus vulnérables.
Sous le leadership du Ministre en charge du cadre de vie, ce nouveau projet vient consolider un portefeuille du FNEC très diversifié, comprenant non seulement le projet SAP032 du GCF, mais aussi des initiatives financées par le Fonds d’Adaptation, la GIZ et l’IFDD. Il offre un puissant levier au FNEC, qui se positionne désormais en acteur proactif et crédible à l’affût de nouvelles opportunités ambitieuses, notamment celles liées au Fonds des Pertes et Préjudices.