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Atelier d’Adjohoun : le FNEC prépare le lancement du SAP055, projet majeur de résilience dans la zone sanitaire ABD

Face aux effets croissants des changements climatiques sur la santé des populations, la réussite d’un projet d’adaptation ne dépend pas uniquement des ressources mobilisées. Elle repose également sur la capacité des acteurs à partager une même compréhension des enjeux, à clarifier leurs responsabilités et à disposer, dès le démarrage, d’une feuille de route opérationnelle.

Face aux effets croissants des changements climatiques sur la santé des populations, la réussite d’un projet d’adaptation ne dépend pas uniquement des ressources mobilisées. Elle repose également sur la capacité des acteurs à partager une même compréhension des enjeux, à clarifier leurs responsabilités et à disposer, dès le démarrage, d’une feuille de route opérationnelle.

Cette rencontre, organisée en prélude au lancement officiel du projet le 03 septembre 2026, a constitué une étape déterminante pour passer de l’approbation du financement à la préparation concrète de sa mise en œuvre sur le terrain.

Une mobilisation multisectorielle autour d’un même objectif
L’atelier a réuni un large éventail de parties prenantes, traduisant le caractère transversal du SAP055. Ont notamment pris part aux travaux des structures du ministère en charge du cadre de vie, du Ministère de la Santé publique et du ministère en charge de la décentralisation, ainsi que les mairies d’Adjohoun, de Bonou et de Dangbo, le consortium GRAFED, l’hôpital de zone, les centres de santé de la zone sanitaire ABD, des personnes ressources et des représentants des communautés locales. Cette diversité d’acteurs répond à une exigence fondamentale : la résilience sanitaire face au changement climatique ne peut être construite par un seul secteur. Elle suppose, au contraire, une articulation entre santé, environnement, climat, décentralisation, services déconcentrés, collectivités territoriales et communautés.

Du document de projet à la feuille de route opérationnelle
Au-delà de la présentation du SAP055, l’objectif était donc clair : disposer, dès le lancement, d’outils de planification cohérents avec les réalités actuelles du terrain et directement utilisables par les équipes chargées de l’exécution. Dans cette même logique, les participants ont été sensibilisés aux exigences du Fonds Vert pour le Climat (GCF) en matière de garanties environnementales et sociales, d’égalité des sexes, de suivi-évaluation, de reporting, de gestion fiduciaire et de passation des marchés.

Pour soutenir cette appropriation collective, trois communications ont structuré les travaux.

Communication 1 : le Fonds Vert pour le Climat (GCF) et ses exigences en matière de gestion des projets.
La première, consacrée au Fonds Vert pour le Climat et à ses exigences en matière de gestion des projets approuvés, a été présentée par Mme Fortunée Dossou Worou, Directrice de la Mobilisation des Ressources Financières du FNEC.
Après avoir rappelé l’historique, les objectifs et les domaines d’intervention du GCF, elle a présenté les conditions d’accès aux financements ainsi que les principales étapes du cycle d’un projet, de son approbation à sa mise en œuvre. Elle a surtout insisté sur les exigences relatives à l’exécution, au suivi et à l’évaluation des projets financés par le Fonds. Cette séquence a permis de rappeler une exigence essentielle : mobiliser un financement climatique constitue une première étape, en assurer une gestion rigoureuse, traçable et conforme aux engagements constitue le véritable défi de la mise en œuvre.

Communication 2 : Présentation du document du projet SAP055 à travers ses objectifs, résultats, activités, cadre institutionnel de mise en œuvre.
La deuxième communication, présentée par M. Martial ADOUNKPE, Directeur de la Programmation, de la Prospective et du Suivi-Évaluation du FNEC, a porté sur le document du projet SAP055. Elle a permis de revisiter son contexte, ses objectifs, ses composantes, ses activités, ses effets attendus, sa zone d’intervention, sa durée et son cadre institutionnel de mise en œuvre.
Les échanges ont notamment permis de rappeler les principaux effets attendus du projet : réduire la prévalence des maladies sensibles au climat, améliorer l’accès des populations vulnérables aux soins et services de santé et renforcer les compétences, l’information et les connaissances sur les risques climatiques liés au paludisme, aux maladies cardiovasculaires et aux infections respiratoires aiguës. A terme, le SAP055 ambitionne de contribuer au renforcement de la résilience sanitaire de 311 700 personnes, soit environ 2,2 % de la population du Bénin.

Communication 3 : Plan d'action sur le genre et Plan d'action environnemental et social
La troisième communication, présentée par M. AMOUSSOU Bérenger, rapporteur du CESESAG, a porté sur le Plan d’Action Genre et le Plan d’Action Environnemental et Social du SAP055, avec un accent particulier sur les actions en faveur de l’égalité des sexes, les indicateurs de suivi et les mesures de sauvegarde associées aux activités du projet.
S’agissant des sauvegardes environnementales et sociales, le SAP055 est classé en catégorie C par le GCF, correspondant à un faible niveau de risque, les activités susceptibles d’accroître ces risques ou nécessitant une évaluation approfondie étant exclues du projet. Cette classification traduit la volonté d’intégrer pleinement les exigences environnementales, sociales et de genre dès le démarrage de la mise en œuvre, plutôt que de les traiter séparément des autres activités du projet.
Enfin, la présentation a permis de sensibiliser les parties prenantes sur le mécanisme spécifique de gestion des plaintes du SAP055, afin que les représentants des communautés et les autres acteurs concernés connaissent les voies de recours disponibles et puissent, le cas échéant, faire remonter leurs préoccupations dans un cadre clairement défini.
A l’issue de ces deux présentations, les participants ont formulé certaines préoccupations. A ces questions, les communicateurs, avec l’appui des personnes ressources ont donné des réponses jugées satisfaisantes par les participants, comme en témoigne cette déclaration d’un dignitaire : « Je suis content d’être associé à ce projet et très fier de l’activité de la mise en place des jardins botaniques »

Des travaux de groupe pour transformer les orientations en feuille de route
Répartis en deux groupes, les participants ont travaillé de manière approfondie sur les principaux volets opérationnels du projet. Le premier groupe s’est ainsi consacré à la composante 1, tout en examinant les questions liées à la planification, au suivi-évaluation et à la gestion du projet. Le deuxième groupe a, pour sa part, approfondi la composante 2. Les travaux ont consisté à décliner les activités en tâches, à revoir leur pondération et leurs échéances, à définir les modalités d’exécution et à identifier les structures responsables.

Cette première étape a été complétée par un second exercice consacré aux outils essentiels au démarrage du projet. Les participants ont notamment travaillé à l’élaboration du Plan de Passation des Marchés (PPM) de la première année, tout en procédant à la relecture du Plan d’Action Environnemental et Social (PAES) et du Plan d’Action Genre (PAG) d’exécution, les responsabilités et les indicateurs de suivi des mesures environnementales, sociales et de genre.

Les résultats issus des groupes ont ensuite été présentés en plénière, discutés et enrichis collectivement, consolidant ainsi une compréhension partagée des priorités et des responsabilités pour la première année du SAP055.

Une démarche participative au plus près des communautés
L’un des points forts de l’atelier réside également dans l’attention accordée à l’accessibilité des échanges. Afin de favoriser la participation effective des représentants des communautés bénéficiaires non alphabétisés, les présentations et les échanges ont été progressivement traduits en langue locale. Cette démarche est particulièrement importante pour un projet dont une partie significative des résultats dépend de l’adhésion et de la participation des populations. Elle traduit une conviction forte : on ne construit pas la résilience des communautés sans leur permettre de comprendre les risques, les solutions proposées et leur propre rôle dans la mise en œuvre du projet.
Enfin, l’atelier a également débouché sur plusieurs recommandations destinées à fluidifier la mise en œuvre du projet.

Des acquis importants avant le lancement officiel
Au terme de trois jours de travaux, les parties prenantes disposent désormais d’une compréhension partagée du SAP055, de ses exigences et des responsabilités de chaque acteur.
Les principaux outils opérationnels de la première année ont, par ailleurs, été élaborés et validés, dotant ainsi le projet d’une feuille de route claire et directement mobilisable pour engager ses premières activités.
Enfin, les recommandations issues de l’atelier doivent permettre de lever rapidement les contraintes administratives et opérationnelles, avec un objectif précis : accélérer la mise en œuvre et transformer les ressources climatiques mobilisées en résultats concrets et durables au bénéfice des populations de la zone sanitaire ABD.